M25 : Pourquoi il est impossible de se positionner en faveur de cette convention ?
Sur base de notre enquête, la profession estime que l’honoraire minimal acceptable devrait être de 35€ au cabinet et 4,73€ supplémentaires à domicile. Or, la convention fixe toujours un tarif largement inférieur à cette demande.
📌 Sur base de l’enquête ASK, la profession estime que l’honoraire minimal acceptable devrait être de 35€ au cabinet et 4,73€ supplémentaires à domicile. Or, la convention fixe toujours un tarif largement inférieur à cette demande, sans tenir compte des réalités du terrain.
📌 Nos priorités sont ailleurs : Selon l’enquête menée auprès des kinésithérapeutes, les attentes principales de la profession sont :
1️⃣ La revalorisation des honoraires au cabinet et à domicile ;
2️⃣ La simplification de la nomenclature ;
3️⃣ La digitalisation.
Or, la convention M25 ne répond à aucune de ces priorités.
- L’indexation des honoraires de 80 centimes est dérisoire au regard de l’augmentation des coûts et des charges des kinésithérapeutes.
- Les tickets modérateurs des patients restent figés depuis bien avant la période Covid, alors que la majorité des salaires sont indexés sur l’inflation via l’indice santé. Le budget de la santé, lui, est fermé et ne suit pas cette évolution, impactant l’ensemble des professionnels de santé.
- La prime unique de convention, financée par une enveloppe totale de 4.524.000 euros, serait répartie entre les kinés conventionnés. Si 18.000 kinés y adhèrent, cela représente environ 251€ par kiné. Cependant, plus le nombre d’adhérents augmente, plus cette prime diminue. Pourquoi un tel système ?
- Nous restons encore dans une administration dépassée : attestations papier, accords préalables fastidieux… alors que la simplification de la nomenclature et la digitalisation sont une priorité pour simplifier notre travail.
Tant que ces éléments ne sont pas pris en compte, cette convention ne peut être considérée comme une avancée positive.
ASK alerte sur les véritables enjeux du conventionnement
📢 Le statut social et la prime télématique ne sont pas des garanties fiables :
- Le calcul du statut social repose sur les attestations rendues sur l’année et non sur les prestations réellement effectuées, sans possibilité de contestation.
- L’accès aux primes est incertain, car basé sur des critères définis par les mutuelles et l’INAMI, sans transparence sur les contestations possibles.
- Pour rappel, il y a des seuils d’accès aux primes :
- Statut social :
- 1.936,07€ si minimum 1.500 prestations ;
- 3.422,71€ si plus de 3.000 prestations.
- Prime télématique de 800€:
- Utiliser un logiciel homologué ;
- Être conventionné toute l’année ;
- Avoir réalisé au minimum 500 prestations sur l’année concernée.
- Prime de conventionnement : aucune information, si ce n’est une estimation de 251€ pour 18 000 kinésithérapeutes.
💡 Autre point important : l’INAMI avance des idées qui peuvent contribuer à réaliser des économies, mais ces éléments ne doivent pas être des arguments de conventionnement*. Les revendications des kinésithérapeutes ne sont toujours pas entendues : revalorisation des honoraires, simplification administrative et digitalisation sont les vraies priorités.
Les conséquences de la déconvention
Se déconventionner est aujourd’hui le seul signal fort permettant d’exprimer un refus de cette convention inadaptée.
- Vous avez la liberté d’honoraires, sauf pour les patients BIM/VIPO, pour lesquels le tarif conventionné reste obligatoire. Leur remboursement reste identique à celui pratiqué chez un kinésithérapeute conventionné.
- Vous ne bénéficiez d’aucune prime (statut social, télématique, prime unique de convention).
- Les remboursements des mutuelles pour vos patients diminuent de 25%, ce qui impacte leur accessibilité aux soins. Cette discrimination de remboursement a été reconnue comme illégitime, mais reste pourtant toujours appliquée.
📢 Nous avons interpellé de nombreux partis politiques, et certains se sont déjà positionnés contre cette discrimination (notamment la N-VA et le MR). Nous espérons que cette pression politique permettra de faire bouger les choses rapidement.
📢 ASK soutient pleinement les kinésithérapeutes qui font le choix de la déconvention, car c’est le seul moyen réel de peser dans les négociations futures. Nous savons que cette décision est difficile, car elle impacte directement les patients et les finances des cabinets. Nous compatissons avec les kinés qui ne peuvent pas se permettre cette démarche et comprenons leur dilemme entre leur engagement professionnel et leur réalité économique.
C’est pourquoi, pour ceux qui ne peuvent pas se déconventionner, ASK propose une alternative :
👉 Un flyer à signer et à nous retourner pour exprimer officiellement votre désaccord. Bien que cette action soit moins impactante que la déconvention, elle permet malgré tout de faire pression sur les décideurs en montrant que la profession rejette cette convention.
Pourquoi privilégier la déconvention ?
👉 Se déconventionner a un poids bien plus important qu’un simple mécontentement exprimé. C’est le seul levier actuel pour montrer à l’INAMI et aux mutuelles que cette convention ne fonctionne pas.
📢 Si 40% +1 des kinésithérapeutes se déconventionnent, il y a de fortes chances que la discrimination des remboursements ne soit plus d’application.
📢 L’INAMI et les mutuelles n’ont, à ce jour, toujours rien proposé de mieux, malgré un taux de conventionnement en chute libre. Cette baisse devrait pourtant déjà être un signal clair que de moins en moins de kinésithérapeutes sont convaincus par cette convention.
📢 À défaut de pouvoir vous déconventionner, nous vous encourageons vivement à signer le flyer pour faire entendre votre voix et soutenir la profession.
Comment vérifier son statut de convention ?
📌 Sur le portail ProSanté.
À ce jour, il n'est pas encore possible de se déconventionner pour l'année 2025. Cette option devrait être disponible dans les prochains jours. ASK vous tiendra informés.
📌 NB : Les sources sont issues de l’INAMI et de l’enquête ASK.
* https://www.riziv.fgov.be/fr/professionnels/professionnels-de-la-sante/…